samedi 19 mars 2011

"Penser, c'est renoncer au charme du premier abord." Nietzsche

J'avais prévu de passer la soirée à regarder les épisodes 15, 16, 17, 18, 19 et 20 de la saison 2 de NCIS en mangeant des chips et buvant du coca.  Cependant, au moment où je lavais le verre dans lequel je comptais boire, j'entendis "Gang Control" de Leftöver Crack.  Il me fallut peu de temps pour reconnaître ma sonnerie de portable et je m'empressai de décrocher.

- Allo ?
- KIKOOOOO !!!!

C'était Cunégonde, une copine un peu ingénue que je connus à douze ans lors de mes vacances au Pakistan.  Elle me proposait de venir la rejoindre à une soirée déguisée de vétérans des CPE sur le thème des animaux domestiqués.  Mon cœur balançait entre l'agent Gibbs et mon tout nouveau déguisement de canari gothique, mais après quarante-huit secondes de réflexion, je rangeai le coca au frigo et commençai à me préparer pour la soirée.

Trois quarts d'heure en temps réel plus tard, je me retrouvai au milieu d'une foule de jeunes saouls et déguisés dans un appartement à Voltaire.  En me servant un verre de punch, j'aperçus à quelques mètres de moi et un verre de whisky à la main ce labrador clown qui avait hœbuidé* un quart d'heure avant.  Les cinq Affligem et les quatre verres de punch ayant commencé à atteindre mon cortex, quelque chose me fit croire que ce labrador et moi avions été amis depuis toujours et j'entamai une conversation des plus chaleureuses sur le réchauffement climatique, ce qui ne l'a visiblement pas surpris. 


Les heures ou les minutes défilaient au rythme d'une horloge, et après avoir verbalement parcouru toutes le causes humanitaires d'actualité, nous nous retrouvâmes sur un pont du canal Saint-Martin du côté de République à jeter des avions en papier craft dans l'eau.  C'est alors que huit agents de police nous aperçurent et nous ordonnèrent d'arrêter ça, ce qui nous obligea à prendre la fuite.


Et après on a mangé un panini fromage. 


hœbuider 
{é-bui-dé} verbe
arriver en retard parce qu'on habite à côté 



NCIS saison 2.

mardi 1 février 2011

"L'essentiel, ça n'est pas de vivre, mais de bien vivre." Aristote

Il est une heure.
Il est une heure et on essaie de s'endormir.
Il est une heure et la crainte de ne pas y parvenir augmente à chaque minute.
Il est une heure et on commence à compter le temps qui nous resterait pour dormir.

Un livre, une série, une tisane... non.  Rien.  Impossible de s'endormir.

Il est trois heures.
Il est trois heures et le sommeil ne vient pas.
Il est trois heures et le réveil est prévu dans à peine quatre.
Il est trois heures et chaque instant qui s'écoule augmente le taux de culpabilité.

On change de position, on change d'oreiller, on ouvre et ferme la fenêtre, on se lève boire de l'eau, on se recouche... et on ne dort toujours pas.

Il est cinq heures.
Il est cinq heures et les pensées envahissantes sont toujours là.
Il est cinq heures et l'angoisse est venue peu à peu remplacer la culpabilité.
Il est cinq heures et ce n'est plus la migraine mais chaque cellule de notre corps qui nous rappelle l'heure qu'il est.

Les minutes passent comme un supplice, les pensées bouillent et le cœur bat comme après un cinq-cents mètres.  On aimerait remonter le temps, essayer de faire quelque chose qui sauverait notre nuit, mais on sait qu'on y pourra rien.  Tout devient désagréable: des bruits extérieurs jusqu'à notre propre peau.


Il est sept heures.
Il est sept heures et on se lève sans s'être réellement couché.
Il est sept heures et on se prépare comme pour une exécution. 
Il est sept heures et on a la nausée à l'idée de la journée qu'on va passer. 


Et la journée commence.  On sort affronter le matin sombre et froid, on s'engouffre dans les transports grisâtres et silencieux, on entreprend ses activités quotidiennes.  Chaque instant de la journée se passe dans l'agonie, dans la lutte contre le sommeil qui se pointe avec quelques heures de retard mais plus fort que jamais.  Et à chaque minute de la journée on souffre, on désespère et on essaie de se promettre que demain on remédiera à son insomnie.